Chapitre 5 La mesure de la production et ses prolongements

5.1 Introduction

Avant de commencer…

Découvrez cette anecdote, où l’on découvre qu’un trésor ne fait plus la richesse d’une nation.

« Mon précieux »

Les monarques européens du 16e siècle avaient de très étranges manies : possédant des mines d’or, ils veillaient scrupuleusement, tels des Picsou, à ce que ce trésor ne sorte pas des frontières. Plus que cela, même, ces rois de la Renaissance frappaient des peines les plus lourdes toute tentative d’exportation de ce métal précieux.

C’est qu’ils étaient persuadés que leur puissance économique dépendait de la taille de leur stock d’or, quitte à financer de coûteuses expéditions coloniales pour le faire grossir.

Aujourd’hui, bien que l’or soit toujours un métal convoité et que les coffres forts de nombreux pays en soient remplis, il circule librement de nation à nation. D’ailleurs, aucun dirigeant ne songerait sérieusement à définir sa richesse économique par le nombre de lingots d’or qu’il détient !

Pourquoi ? Parce que la définition de la richesse des nations repose sur un outil qui la reflète bien mieux : le produit intérieur brut (PIB).

Ibn Battûta (1304–1368) était un voyageur et marchand marocain. Ses voyages, qui se sont poursuivis durant trente ans, le conduisirent en Afrique du Nord et de l’Ouest, en Europe de l’Est, au Moyen-Orient, en Asie du Sud et centrale et en Chine.

Au 14e siècle, l’érudit marocain Ibn Battûta décrivit la région indienne du Bengale comme une région de grande étendue où le riz était très abondant : « Je n’ai, en effet, jamais vu une région du monde recelant une telle abondance de provisions. » Il avait pourtant parcouru une grande partie du monde, voyageant à travers la Chine, l’Afrique de l’Ouest, le Moyen-Orient et l’Europe.

Trois siècles plus tard, le même sentiment fut exprimé par le diamantaire français du 17e siècle Jean-Baptiste Tavernier, qui écrivit à propos de cette région :

Même dans les plus petits villages, on peut se procurer en abondance du riz, de la farine, du beurre, du lait, des haricots et autres légumes, du sucre, des confiseries, sous forme de poudre et de liquide.1

Revenons à aujourd’hui. Les Indiens sont désormais bien mieux lotis qu’ils ne l’étaient il y a sept siècles en termes d’accès à la nourriture, aux soins médicaux, au logement et aux biens de première nécessité. Cependant, au regard des comparaisons internationales, la plupart d’entre eux demeurent pauvres. Le Graphique 5.1 illustre cette évolution, en forme de crosse de hockey.

Graphique 5.1 La crosse de hockey de l’Histoire : PIB par habitant dans cinq pays (1000–2016).

Base de données du projet Maddison, version 2018. Bolt, Jutta, Robert Inklaar, Herman de Jong et Jan Luiten van Zanden (2018), “Rebasing ‘Maddison’ : new income comparisons and the shape of long-run economic development” Document de travail du projet Maddison, n° 10, disponible en téléchargement sur www.ggdc.net/maddison.

Avant 1300, nous avons moins de points de données

Pour la période antérieure à 1300, nous avons moins d’informations sur le PIB par habitant, c’est pourquoi il y a moins de points de données sur cette partie du graphique.

Graphique 5.1a

Une ligne est tracée pour joindre les points de données

Pour chaque pays, les points de données montrés à l’étape précédente ont été reliés par des droites. Avant 1800, nous ne pouvons pas observer comment les niveaux de vie ont fluctué d’année en année.

Graphique 5.1b

Royaume-Uni

Le coude de la crosse de hockey moins abrupt au Royaume-Uni, où la croissance a démarré autour de 1750.

Graphique 5.1c

Japon

Au Japon, le coude est plus marqué et apparaît vers 1870.

Graphique 5.1d

Chine et Inde

Les coudes de la Chine et l’Inde sont apparus dans la seconde moitié du 20e siècle. Le PIB par tête de l’Inde a en fait chuté sous l’Empire colonial britannique. C’est également vrai pour la Chine à la même époque, quand les nations européennes dominaient la politique et l’économie chinoises.

Graphique 5.1e

produit intérieur brut (PIB)
Une mesure de la valeur marchande de la production de l’économie à une période donnée.

L’estimation du niveau de vie que nous avons utilisée dans le Graphique 5.1 repose sur une mesure de l’ensemble des biens et services produits dans un pays (appelée produit intérieur brut ou PIB), qui est ensuite divisée par la population du pays (PIB par habitant).

Les individus obtiennent leurs revenus en produisant et vendant des biens et services. Le PIB est la valeur totale de tout ce qui est produit au cours d’une période donnée comme une année, de sorte que le PIB par habitant correspond ici au revenu annuel moyen. Dans le Graphique 5.1, la hauteur de chaque courbe est une estimation du revenu moyen à la date indiquée sur l’axe des abscisses.

Selon cette mesure, les Indiens sont en moyenne six fois moins riches que les Français. Les habitants du Royaume-Uni sont aussi riches que les Japonais, comme ils l’étaient déjà au 14e siècle. En revanche, les Chinois sont désormais mieux lotis que les Indiens, et les Japonais le sont encore davantage.

Riches et pauvres portaient souvent des titres distincts : dans certains pays, ils étaient seigneurs féodaux et serfs, dans d’autres, majestés et sujets, propriétaires d’esclaves et esclaves, ou marchands et commis. À l’époque, comme aujourd’hui, vos perspectives dépendaient de la position économique de vos parents et de votre genre.

À l’époque des voyages d’Ibn Battûta, l’Inde n’était pas plus riche que les autres parties du monde. Mais elle n’était pas plus pauvre non plus. Un observateur à cette époque aurait remarqué que les individus, en moyenne, étaient mieux lotis en France, en Chine et en Angleterre qu’au Japon ou en Inde. Mais les grandes différences entre les riches et les pauvres, que le voyageur aurait remarquées partout où il se serait rendu, sautaient bien plus aux yeux que les différences entre les régions. À la différence d’aujourd’hui, au 14e siècle, la partie du monde où vous étiez né(e) importait beaucoup moins.

valeur ajoutée
Pour un processus de production, c’est la valeur de la production moins la valeur de tous les facteurs de production (appelés les biens intermédiaires). La valeur ajoutée est égale aux profits avant impôt et aux salaires. Les biens d’équipement et le travail utilisés dans la production ne sont pas des biens intermédiaires.
indice de développement humain (IDH)
Il est calculé en combinant les valeurs correspondant à l’espérance de vie, au nombre prévu d’années de scolarisation, au nombre moyen d’années de scolarisation et au revenu national brut par habitant.

Dans ce chapitre, nous verrons que la richesse produite à l’échelle d’un territoire est mesurée par le PIB, la création de richesse étant mesurée par la valeur ajoutée produite par les agents économiques. Nous verrons également que l’absence de prix peut rendre difficile le calcul de la valeur ajoutée des productions non marchandes, qui sont néanmoins utiles pour la société. Nous montrerons que le PIB peut être calculé comme la somme des valeurs ajoutées augmentée des impôts moins les subventions sur les produits. Nous verrons enfin que le PIB par habitant reste le principal critère pour mesurer la richesse d’un pays, le taux de croissance du PIB pour mesurer le dynamisme économique d’un pays et comparer les pays entre eux, mais que cet indicateur peut être prolongé par des mesures plus globales, comme l’indicateur de développement humain (IDH), mesuré par les organisations internationales.

Contextes et finalités Notions
La création de richesse est évaluée par la valeur ajoutée produite par les agents économiques. Celle-ci est égale à la différence entre le prix de vente du bien et le coût des consommations intermédiaires rentrant dans la composition de ce bien. L’absence de prix peut rendre difficile le calcul de la valeur ajoutée des productions non marchandes, qui sont néanmoins utiles pour la société.
La richesse produite à l’échelle d’un territoire est évaluée par le produit intérieur brut (PIB). Le PIB peut être calculé comme la somme des valeurs ajoutées augmentée des impôts moins les subventions sur les produits. Le PIB par habitant reste le principal critère pour mesurer la richesse d’un pays, et le taux de croissance du PIB pour mesurer le dynamisme économique d’un pays et comparer les pays entre eux. Cet indicateur peut être prolongé par des mesures plus globales, comme l’indicateur de développement humain (IDH), mesuré par les organisations internationales.
Les agrégats économiques : la valeur ajoutée et le produit intérieur brut (PIB).
Production non marchande.
Indicateurs complémentaires au PIB : indice de développement humain (IDH), etc.
La statistique nationale et la comptabilité nationale.
Le calcul du PIB.

La mesure de la production et ses prolongements : notions, contextes et finalités.

Tableau 5.1 La mesure de la production et ses prolongements : notions, contextes et finalités.

5.2 Les agrégats économiques : la valeur ajoutée et le PIB

production agrégée
La production totale au sein d’une économie, agrégeant tous les secteurs et toutes les régions.

Les économistes utilisent ce que l’on appelle des agrégats pour décrire l’économie dans son ensemble (ou l’économie agrégée, c’est-à-dire simplement la somme de toutes ses composantes). Le PIB (production agrégée) recouvre la production de l’ensemble des producteurs d’un pays, et pas seulement ceux d’une région, ou d’une entreprise ou encore d’un secteur particulier.

L’économiste Diane Coyle explique que le PIB « recense tout, des clous aux brosses à dents, en passant par les tracteurs, les chaussures, les coupes de cheveux, les services de conseil de gestion, le nettoyage des rues, les cours de yoga, les assiettes, les sparadraps, les livres et les millions d’autres biens et services produits au sein de l’économie ».2

Puisqu’il est impossible d’additionner le nombre d’ordinateurs, de chaussures, de repas au restaurant, de trajets en avion, de chariots élévateurs et ainsi de suite, il n’est pas possible de mesurer la production agrégée directement. Additionner ces millions de services et produits nécessite de trouver un étalon commun permettant de comparer, par exemple, la valeur d’une heure de yoga à celle d’une brosse à dents. En pratique, la manière la plus simple de le faire est d’utiliser leur prix.

En multipliant les quantités de la large gamme de biens et services produits par leurs prix, on peut les convertir en termes nominaux ou monétaires. Si tout est libellé dans la même unité nominale (ou monétaire), il devient possible de tout additionner :

prix constants
Prix corrigés de l’augmentation des prix (inflation) ou de leur baisse (déflation) de telle sorte qu’une unité de monnaie représente toujours le même pouvoir d’achat à différentes périodes de temps. Voir également : parité pouvoir d’achat.

Si l’on compare l’économie au cours de deux années différentes et si toutes les quantités restent identiques, mais que les prix augmentent, par exemple, de 2 % d’une année sur l’autre, alors le PIB nominal augmente de 2 %, mais le PIB réel, qu’on appelle également PIB à prix constants, demeure inchangé. En termes réels, le taux de croissance de l’économie est nul.

Pour déterminer ce qu’il advient du PIB réel, nous commençons par sélectionner une année de référence : l’année 2017, par exemple. Nous définissons ensuite le PIB réel comme étant égal au PIB nominal de cette année-là, en utilisant les prix de 2017. L’année suivante, le PIB nominal de 2018 est calculé selon la méthode usuelle à l’aide des prix en vigueur en 2018. Il est alors possible de déterminer le PIB réel en multipliant les quantités de 2018 par les prix de 2017.

Si, avec cette méthode, lorsque l’on calcule le PIB de 2018 avec les prix de 2017, on observe que celui-ci est identique au PIB de 2017, on peut en déduire que, malgré des changements probables dans la composition de la production (moins de trajets en avion, mais plus d’ordinateurs vendus, par exemple), la quantité totale de biens et services produits n’a pas changé. La conclusion serait alors que le PIB réel est identique et que, donc, l’économie n’a pas connu de croissance.

Pour estimer si l’économie est en croissance ou si elle ralentit, il faut disposer d’une mesure de la quantité de biens et services achetés. Il s’agit du PIB réel.

La production est mesurée par la valeur ajoutée de chaque industrie : cela signifie que le coût des biens et services utilisés au cours du processus de production est soustrait de la valeur de la production. Ces facteurs de production sont en fait mesurés dans la valeur ajoutée d’autres industries, les soustraire permet donc d’éviter de les compter deux fois lorsque l’on mesure la production de l’économie dans son ensemble. Dans la Section 5.4, nous explorons plus en détail la méthode de calcul du PIB.

Exercice 5.1 Qu’est-ce que le PIB ?

Regardez la vidéo « Qu’est-ce que le PIB ? » et répondez aux questions suivantes :

  1. Que mesure le PIB ?
  2. Quel est l’intérêt d’avoir un indicateur commun à l’ensemble des pays ?
  3. Quelle différence faites-vous entre le PIB et le PIB par habitant?

5.3 La statistique nationale et la comptabilité nationale

récession
Le Bureau national pour la recherche économique des États-Unis (NBER) la définit comme une période de déclin de la production. Elle prend fin quand l’économie recommence à croître. Une autre définition est une période lors de laquelle le niveau de production est inférieur à son niveau normal, même si l’économie est en croissance. Elle se poursuit jusqu’à ce que la production augmente suffisamment pour atteindre à nouveau le volume normal. Le problème de cette définition alternative est que la « normalité » du niveau de production est un concept subjectif.
cycle économique
Alternance de périodes avec des taux de croissance rapides et lents (voire négatifs). L’économie va d’une expansion à une récession puis connaît de nouveau une expansion.

On entend souvent parler d’économies connaissant tour à tour des phases d’expansion et de récession selon que la croissance oscille entre des valeurs négatives et positives. Le mouvement de va-et-vient entre expansion et récession est connu comme le cycle économique.

Pourtant il n’existe aucune définition unanimement reconnue de ces termes. Le Bureau national pour la recherche économique (NBER), un institut américain, propose cette définition : « Au cours d’une récession, un déclin significatif de l’activité économique se diffuse à toute l’économie et peut durer quelques mois à plus d’une année. » Une définition alternative consiste à dire que l’économie se trouve en récession lorsque le niveau de production passe sous son niveau normal. Un problème pratique apparaît avec la seconde définition : la production normale d’une économie est une question de jugement, parfois sujette à controverses.

Nous avons donc deux définitions d’une récession :

Grande Dépression
La période de forte baisse de la production et de l’emploi dans beaucoup de pays dans les années 1930.
crise financière mondiale
Cette crise débuta en 2007 avec l’effondrement des prix immobiliers aux États-Unis. Les effets de la crise se firent sentir partout dans le monde puisque le commerce mondial recula considérablement.

Toutes les récessions ne sont cependant pas comparables. Le Graphique 5.2 illustre le cas de l’économie française, pour laquelle de longues séries temporelles sont disponibles. Dans le Graphique 5.2, vous pouvez remarquer qu’en plus de l’évolution annuelle du PIB, qui suggère deux récessions (mesurées par une croissance négative) par décennie environ, il existe des épisodes, moins fréquents, de fluctuations plus importantes de l’activité. Au 20e siècle, les creux les plus conséquents ont coïncidé avec la fin des Première et Seconde Guerres mondiales, et avec la crise économique de la Grande Dépression. Suivez les étapes de l’analyse du Graphique 5.2 pour voir que, au 21e siècle, la crise financière mondiale a mis fin à une période caractérisée par de faibles fluctuations.

Graphique 5.2 Croissance du PIB de la France (1820–2014).

Base de données du projet Maddison, version 2018. Bolt, Jutta, Robert Inklaar, Herman de Jong et Jan Luiten van Zanden (2018), “Rebasing ‘Maddison’: new income comparisons and the shape of long-run economic development”. Document de travail du projet Maddison, n° 10, disponible en téléchargement sur www.ggdc.net/maddison.

Pics et creux

Les points mettent en évidence le pic et le creux d’un cycle économique durant la fin des années 1980 et le début des années 1990.

Graphique 5.2a

La crise financière mondiale

Au 21e siècle, la crise financière de 2008 survint après une période au cours de laquelle les fluctuations furent limitées.

Graphique 5.2b

Depuis le 18e siècle, l’amélioration du niveau de vie moyen, mesuré par le PIB par habitant, est devenue une caractéristique permanente de la vie économique dans de nombreux pays. Toutefois, cette croissance n’a pas été régulière.

Lors du siècle précédent, la moyenne des niveaux de vie a été multipliée par six dans les économies que l’on considère souvent comme « avancées » (principalement les économies « riches ») et qui incluent les États-Unis, l’Europe de l’Ouest, l’Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande. Il s’agit là d’un succès économique remarquable, mais cela ne fut pas un parcours facile.

Les pics et les creux des séries du Graphique 5.2 montrent de façon nette que la croissance économique n’est pas un processus lisse et régulier. Dans le Graphique 5.1, nous examinons la production agrégée, plutôt que le PIB par habitant, car nous nous focalisons sur la taille de l’économie et son évolution d’une année sur l’autre.

Les économistes mesurent la taille de l’économie en s’appuyant sur la comptabilité nationale : celle-ci mesure la croissance et les fluctuations économiques. Les comptes nationaux sont des statistiques publiées par les bureaux nationaux de statistique, qui utilisent des informations sur les acteurs économiques pour construire une image quantifiée de l’économie dans son ensemble. En France, cette mission revient à l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). La vidéo « Pour comprendre les statistiques de l’Insee » explique comment l’Insee produit des statistiques nationales.

Travailler avec les données de la comptabilité nationale permet d’en apprendre beaucoup sur l’économie. Pour ce faire, une manière simple est d’utiliser FRED (Federal Reserve Economic Data). Pour en savoir plus sur le pays dans lequel vous vivez et le comparer à d’autres pays, reportez-vous à l’Exercice 5.2.

Exercice 5.2 Comment utiliser fred

Si vous souhaitez obtenir des données macroéconomiques en temps réel sur le taux de chômage allemand ou la croissance de la production chinoise, il n’est pas nécessaire d’apprendre l’allemand ou le mandarin, ni de se débattre avec des archives nationales, puisque FRED le fait pour vous ! FRED est une base de données complète et actualisée, alimentée par la Réserve fédérale (Fed) de Saint-Louis aux États-Unis, qui fait partie du système bancaire central américain. On y trouve les principales statistiques macroéconomiques de la plupart des pays développés depuis les années 1960. Avec FRED, vous pouvez aussi créer vos propres graphiques et exporter les données vers un tableur. Voici les étapes à suivre pour apprendre à utiliser FRED et trouver des données macroéconomiques :

  • Allez sur le site de FRED
  • Utilisez la barre de recherche et tapez en anglais « Gross Domestic Product » (pour PIB) et le nom d’une grande économie mondiale. Sélectionnez les séries annuelles du PIB nominal (« current prices » pour prix courants) et réel (« constant prices » pour prix constants) de ce pays. Cliquez sur le bouton « Add to graph » en bas de la page.

Utilisez le graphique ainsi créé pour répondre aux questions suivantes :

  1. Quel est le niveau du PIB nominal cette année dans le pays que vous avez choisi ?
  2. FRED vous indique que le PIB réel est aux prix d’une année spécifique chaînés (cela signifie que le PIB est évalué aux prix constants de cette année de référence). Remarquez que les séries du PIB réel et du PIB nominal se croisent en un point donné. Comment l’expliquez-vous ?

Gardez seulement la série du PIB réel représentée sur le graphique de FRED. FRED indique les récessions de l’économie américaine en grisé en s’appuyant sur la définition du NBER, mais pas pour les autres économies. Supposez que, pour les autres économies, une récession soit définie par deux trimestres consécutifs de croissance négative. En bas de la page du graphique, sélectionnez « Create your own data transformation » et cliquez sur « Percent change from one year » (FRED vous donne un indice pour calculer un taux de croissance en bas de la page : « Notes on growth rate calculation and recessions »). La série statistique montre à présent la variation en pourcentage du PIB réel.

  1. Combien de récessions l’économie de votre choix a-t-elle connues au cours des années représentées sur le graphique ?
  2. Quelles sont les deux plus fortes récessions par leur durée et leur ampleur ?

5.4 Le calcul du PIB

Au cours de l’Histoire, les niveaux de vie ont été similaires dans le monde et ont peu varié d’un siècle à l’autre. À partir de 1700, ils ont augmenté rapidement dans certains pays.

Il y a 1 000 ans, le monde était plat, économiquement parlant. Il y avait des différences de revenus entre les régions du monde ; néanmoins, comme vous pouvez le constater sur le Graphique 5.1, les différences étaient petites relativement à ce qui suivra. Quand on regarde les revenus aujourd’hui, personne ne pense que le monde est plat.

Comprendre les déterminants de ce phénomène est devenu un enjeu fondamental pour les économistes, à commencer par le fondateur de la discipline, Adam Smith, qui intitula son ouvrage le plus important Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations.3

stock
Une quantité mesurée à un instant T. Ses unités ne dépendent pas du temps. Voir également : flux.
flux
Une quantité mesurée par unité de temps, telle que le revenu annuel ou le salaire horaire. Voir également : stock.

La richesse n’a pas de dimension temporelle, ce qui signifie qu’elle existe à tout moment : c’est une variable de stock. Le PIB mesure la quantité totale produite par une économie au cours d’une période donnée, comme une année. Puisqu’il est mesuré sur une période de temps (trimestriel ou annuel, par exemple), c’est une variable de flux.

Pour se souvenir de la différence entre richesse et PIB, on peut s’imaginer une baignoire qui se remplit, comme dans l’Illustration 5.1. La richesse est la quantité (le stock) d’eau dans la baignoire, le PIB est le flux d’eau dans la baignoire. Cet afflux est mesuré en litres par minute. Le stock d’eau est mesuré en litres à un instant donné.

Production, PIB, richesse et dépréciation : l’analogie de la baignoire.

Illustration 5.1 Production, PIB, richesse et dépréciation : l’analogie de la baignoire.

dépréciation
La perte de valeur d’une forme de capital qui a lieu, à cause de l’utilisation (usure) ou du passage du temps (obsolescence).

La valeur de cette richesse a tendance à décliner à cause de l’usage que l’on en fait ou tout simplement avec le passage du temps. Cette diminution de la valeur du stock de richesse au cours du temps est appelée la dépréciation. Cette dernière correspond à la quantité d’eau qui s’évapore. Tout comme le PIB, il s’agit d’un flux (on pourrait le mesurer en litres par an), mais cette fois-ci d’un flux négatif.

Il existe trois manières différentes d’estimer le PIB :

Le PIB peut être défini par chacune de ces trois approches. Cela tient au fait que toute dépense dans un bien ou un service, qui a nécessairement été produit, constitue un revenu pour celui qui l’a vendu.

production nette
Production brute moins la dépréciation. Voir également : PIB, dépréciation.

Rappelez-vous que si des quantités Q sont vendues au prix P, les recettes R sont données par R = P × Q. Nous devons en déduire la consommation intermédiaire, c’est-à-dire la valeur des biens et services achetés à d’autres producteurs et utilisés (incorporés ou entièrement détruits) au cours du processus de production (matières premières, électricité, par exemple). On obtient ainsi la valeur ajoutée brute. Nous devons aussi en déduire la consommation de capital fixe (machines, bâtiments, véhicules, par exemple), c’est-à-dire la dépréciation subie au cours du processus de production par le capital fixe acheté à d’autres producteurs à la suite d’usure normale et d’obsolescence prévisible. On obtient alors la valeur ajoutée « nette ». Donc, si l’on tient compte de la dépréciation, on doit distinguer entre production nette et production brute. Dans l’exemple de la baignoire, la production brute correspondrait au flux d’eau coulant dans la baignoire, alors que la production nette correspondrait à ce flux diminué de la dépréciation. En pratique, on ne calcule souvent que la valeur ajoutée brute. En effet, le calcul de la valeur ajoutée nette est problématique (comme expliqué dans ces séquences animées de l’Insee).

La valeur ajoutée.

Illustration 5.2 La valeur ajoutée.

La comptabilité nationale calcule la valeur ajoutée aux prix perçus par les producteurs, appelés également prix de base, mais le PIB est calculé aux prix payés par les consommateurs, appelés également prix du marché. Par conséquent, les prix de base comprennent les subventions sur les produits perçus par les producteurs, qui ne figurent pas dans les prix de marché. Ceux-ci comprennent des impôts sur les produits, comme la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), qui n’entrent pas dans les prix de base. Suivez les étapes de l’analyse de l’Illustration 5.3 pour voir comment obtenir le PIB à partir des valeurs ajoutées.

Illustration 5.3 La valeur ajoutée et le PIB.

Valeurs ajoutées brutes

On part des valeurs ajoutées brutes qu’il faut additionner pour calculer le PIB aux prix du marché.

Illustration 5.3a

Impôts sur les produits

Les impôts sur les produits ne sont pas compris dans les prix de base, mais les consommateurs les payent dans les prix du marché.

Illustration 5.3b

Subventions sur les produits

Les subventions sur les produits font partie des prix de base mais pas des prix du marché.

Illustration 5.3c

Exercice 5.3 TVA collectée, TVA déductible : qui paye réellement ?

Vous vous rendez chez votre coiffeur. Ce dernier vous réalise une coupe de cheveux pour 15 euros, dont 2,5 euros de TVA. Pour réaliser ce service, votre coiffeur a acheté des shampoings à hauteur de 20 euros, dont 3,33 euros de TVA. Précisez les deux TVA et expliquez.

5.5 La production non marchande

Les Nations Unies collectent et publient des estimations du PIB auprès des bureaux statistiques du monde entier. Ces estimations, parallèlement à celles réalisées par des historiens de l’économie, nous permettent de construire des graphiques, comme le Graphique 5.1, qui comparent les niveaux de vie entre pays et à différentes périodes temporelles et déterminent si l’écart entre les pays riches et pauvres s’est réduit ou s’est creusé au cours du temps.

Lorsque les statisticiens estiment la valeur marchande de la production d’une économie dans son ensemble, à une période donnée (par exemple, une année), ils utilisent les prix auxquels les biens et services sont vendus sur le marché. Pour les biens et services achetés par les individus, leur prix est considéré comme une mesure approximative de leur valeur (si vous estimiez que la valeur d’une coupe de cheveux était inférieure à son prix, vous vous seriez simplement laissé pousser les cheveux). Mais la valeur des services fournis par l’État est difficile à évaluer, encore plus que la valeur de services comme les coupes de cheveux et les leçons de yoga.

Les services publics, comme l’enseignement primaire, ne sont pas vendus sur le marché, et la seule mesure disponible de leur valeur est leur coût de production. La production de biens et de services a également lieu au sein des ménages, mais contrairement aux entreprises, leurs produits ne sont pas nécessairement vendus sur le marché.

Le défi des économistes est double : au préalable sélectionner ce qui doit être inclus, puis assigner une valeur à chacun de ces éléments.

Le PIB inclut les biens et les services fournis par l’État, comme l’éducation, l’armée et la justice. Les services publics n’étant pas vendus sur le marché, nous devons faire l’hypothèse supplémentaire selon laquelle la valeur ajoutée de la production de l’État est égale aux coûts de production pour l’État.

Exercice 5.4 Marchand ou pas ?

Rappelez-vous qu’une unité institutionnelle est un acteur économique caractérisé par une autonomie de décision dans l’exercice de sa fonction principale (voir Chapitre 1). L’Illustration 1.2 montrait comment les unités institutionnelles sont affectées aux secteurs institutionnels. D’après ces informations :

  1. Qui sont les producteurs marchands ?
  2. Qui sont les producteurs non marchands ?
  3. Les ménages sont-ils des producteurs marchands ?

En outre, le PIB inclut aussi tous les biens qui sont produits par les ménages pour leur usage propre. Les biens pour usage propre comprennent, par exemple, les produits agricoles d’usage personnel. La valeur de tous les biens produits par les ménages pour leur propre usage est estimée. En revanche, à une exception majeure près, à savoir les services de logement dont bénéficient les propriétaires-occupants, dans les comptes nationaux, les services pour usage propre sont exclus.4

Exercice 5.5 PIB ou pas ?

À l’aide de cette section, expliquez si chacune des activités suivantes contribue au PIB en vérifiant si elle satisfait les critères de définition d’une production.

  • Renault qui produit et vend des véhicules.
  • Le travail d’un inspecteur de police, d’une infirmière.
  • Le travail bénévole dans une association.
  • Un enfant qui participe aux tâches ménagères.
  • Un cuisinier non déclaré.

5.6 Les indicateurs complémentaires au PIB

Pour comparer les niveaux de vie de chaque pays, nous utilisons une mesure appelée « PIB par habitant ». Néanmoins, est-ce la bonne manière de mesurer leur niveau de vie ou bien-être ?

En campagne pour les élections présidentielles américaines, le sénateur Robert Kennedy prononça le 18 mars 1968 un discours célèbre dans lequel il se demandait pourquoi la pollution de l’air, la publicité pour les cigarettes et les prisons, entre autres choses, étaient prises en compte dans la mesure américaine du niveau de vie, alors que la santé, l’éducation ou le dévouement à sa patrie ne l’étaient pas, et remettait en cause « la simple accumulation de biens matériels » au sein de la société américaine. D’après lui, « cela mesure tout, sauf ce qui donne du sens à nos vies ».

actif
Toute chose de valeur qui est possédée. Voir également : bilan, passif.

Rappelez-vous que la dépréciation fait référence à l’amortissement ou l’épuisement des biens d’équipement utilisés dans la production. Dans le cadre de la comptabilité de la croissance verte, l’environnement est de manière similaire considéré comme un actif qui peut s’user. L’environnement fait partie de ce dont a besoin la société pour produire des biens et services.

Ainsi, la dégradation environnementale réduit les actifs de la société, à l’instar de l’usure ou l’obsolescence des machines utilisées dans la production. Mais de combien ?

Pour prendre en compte cette perte de capital naturel, nous devons trouver combien cela coûterait (par an) pour remplacer le capital naturel perdu et ensuite le soustraire du PIB annuel.

ajustement environnemental
Ajustement comptable apporté aux mesures conventionnelles du revenu national pour prendre en compte la valeur du capital naturel.

Si vous réalisez cet ajustement comptable (aussi appelé ajustement environnemental), les « miracles économiques » sont en réalité moins impressionnants. Lorsqu’une politique indonésienne généra un boom de l’industrie du bois entre 1979 et 1982, Robert Repetto et ses collègues de l’Institut des ressources mondiales (World Resources Institute, WRI, en anglais) ont calculé que le pays avait sacrifié un montant supérieur à 2 milliards de dollars de revenus forestiers potentiels. Ils ont montré qu’en prenant en compte la déforestation, la raréfaction du pétrole et l’érosion des sols, le taux de croissance annuel moyen du PIB de l’Indonésie ajusté (net de la dépréciation du capital naturel) – mesuré au départ à 7,1 % entre 1971 et 1984 – était de seulement 4 %. Un exercice similaire a été mené en Suède entre 1993 et 1997, où la dépréciation des actifs naturels était estimée à environ 1 % du PIB par an.

La Banque mondiale estime que, dans les pays pauvres, le capital naturel représente 36 % de la richesse.

Bien que la dégradation environnementale ne soit pas prise en compte dans la comptabilité nationale habituelle, elle devrait l’être, car exploiter le capital naturel n’est pas différent de l’usure des machines et des autres équipements dont nous nous servons.

Ainsi, en utiliser une partie sans compter la perte engendrée surestime la vitesse à laquelle le revenu croît réellement (rappelez-vous que le PIB, la mesure la plus courante du revenu, ne prend même pas en compte la dépréciation des biens d’équipement à cause des difficultés de mesure).

En outre, les revenus générés par la production dans un pays ne peuvent pas rester dans ce pays et être utilisés par des personnes vivant dans un autre pays : une partie des revenus peut être utilisée par des sociétés étrangères rapatriant les bénéfices de leurs sociétés affiliées. C’est pour cette raison que le produit « national » brut (PNB) est calculé, en additionnant au PIB (la production totale des industries qui opèrent dans l’économie domestique) la production des résidents réalisée à l’étranger et en retirant la production réalisée par les résidents établis à l’étranger.

Enfin, les revenus ont une influence majeure sur le bien-être, car ils nous permettent d’acheter les biens et services dont nous avons besoin ou que nous apprécions. Mais ils ne suffisent pas, car de nombreuses dimensions de notre bien-être ne sont pas liées à ce que nous pouvons acheter :

Exercice 5.6 Que devrions-nous mesurer ?

Le PIB mesure la richesse produite à l’échelle d’un territoire. Pourquoi d’autres indicateurs, comme le bonheur intérieur brut, intègrent, par exemple, la santé ou l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie de famille ?

Question 5.1 Choisissez la bonne réponse

Le PIB par habitant du Royaume-Uni mesure :

  • Le niveau de satisfaction des habitants du Royaume-Uni.
  • Le revenu disponible moyen d’un résident du Royaume-Uni.
  • La production totale des résidents du Royaume-Uni, divisée par le nombre de résidents.
  • La production totale de l’économie britannique divisée par la population du pays.
  • Ce n’est pas la définition du PIB par habitant.
  • Le revenu disponible est le revenu d’une personne (par exemple, les salaires, les intérêts reçus sur l’épargne, les profits) moins les transferts (par exemple, les impôts). Le PIB inclut les biens et les services produits par l’État, comme l’éducation, la défense nationale et le maintien de l’ordre public qui ne sont pas inclus dans le revenu disponible.
  • Il s’agit du produit national brut (PNB) par habitant du Royaume-Uni. Le PNB d’un pays correspond à son PIB, plus les revenus des résidents à l’étranger, moins les revenus des non-résidents sur le marché intérieur.
  • Il s’agit de la définition correcte du PIB par habitant, cf. la définition donnée à la Section 5.1.
indice de développement humain (IDH)
Il est calculé en combinant les valeurs correspondant à l’espérance de vie, au nombre prévu d’années de scolarisation, au nombre moyen d’années de scolarisation et au revenu national brut par habitant.

Publié depuis 1990 par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’indice de développement humain (IDH) est un indicateur composite regroupant trois dimensions complémentaires du développement humain :

L’IDH prend une valeur maximale de 1. Le PNUD classe ensuite les pays en quatre groupes en fonction de leur IDH, comme le montre le Tableau 5.2.

Classification IDH Exemples
Développement humain très élevé 0,8 à 1 Norvège, Australie, Suisse, Monténégro, Fédération de Russie, Roumanie
Développement humain élevé 0,7–0,799 Bélarus, Bulgarie, Serbie, Albanie, Arménie, Ukraine
Développement humain moyen 0,55–0,699 République de Moldova, Botswana, Gabon, Myanmar, Kenya, Pakistan
Développement humain faible 0 à 0,55 Swaziland, République arabe syrienne, Angola, Tchad, Niger, République centrafricaine

Classification des pays en fonction de la valeur de leur IDH.

Tableau 5.2 Classification des pays en fonction de la valeur de leur IDH.

Programme de développement des Nations Unies. 2016. « Notes techniques » dans le Rapport sur le développement humain 2016, p. 3.

Quelle est votre recette pour une meilleure qualité de vie dans votre pays ? Quelle importance accordez-vous aux revenus ? D’autres critères sont-ils aussi ou plus importants, par exemple une éducation de qualité, un air sain, un niveau élevé de confiance entre les personnes, une bonne santé, ou encore un faible sentiment d’insécurité ? Dans l’Exercice 5.6, nous vous présentons un outil que vous pouvez explorer pour réfléchir à la manière dont on peut comparer le bien-être global d’un pays donné à celui d’autres pays.

Exercice 5.7 L’Indicateur du Vivre Mieux de l’OCDE

L’OCDE est une organisation internationale dont le siège se situe à Paris et qui comporte 35 pays membres, dont la plupart ont des niveaux de PIB par habitant élevés. Elle fut fondée en 1948 afin de faciliter la reconstruction d’après-guerre en Europe de l’Ouest. L’OCDE est une source importante de données statistiques, comparables entre pays, sur les performances économiques et sociales.

L’indicateur du vivre mieux fut créé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il vous permet de concevoir une mesure de la qualité de vie d’un pays en décidant du poids que vous accordez à chacune des composantes de l’indicateur.

  1. Un indicateur du vivre mieux devrait-il inclure les éléments suivants : revenus, logement, emploi, liens sociaux, éducation, environnement, engagement civique, santé, satisfaction, sécurité et équilibre vie professionnelle/vie privée ? Justifiez votre réponse pour chacun de ces éléments.
  2. Utilisez l’outil de l’indicateur du vivre mieux pour créer votre propre indicateur du vivre mieux pour le pays dans lequel vous résidez. Quelles sont les performances de ce pays pour les facteurs les plus importants pour vous ?
  3. Classez les pays de la base de données en utilisant votre nouvel indicateur du vivre mieux, et comparez votre classement avec celui fondé exclusivement sur les revenus.
  4. Pour les deux indicateurs, choisissez deux pays présentant des classements très différents et suggérez brièvement les raisons de ces écarts.

5.7 Conclusion

Le PIB peut être mesuré comme la valeur ajoutée totale de la production domestique, ou comme la dépense totale effectuée sur des biens et services produits dans l’économie domestique, ou encore comme la somme de tous les revenus tirés de la production domestique. Mais les biens et services produits par l’État, eux, ne sont généralement pas vendus. On fait donc l’hypothèse que leur valeur ajoutée est égale au coût de leur production pour les administrations publiques. La division du PIB par la population nous donne le PIB par habitant – le revenu moyen des habitants dans un pays. Les différences entre ce que nous entendons par bien-être, d’une part, et ce que le PIB par habitant mesure, d’autre part, devraient nous inciter à nous montrer prudent quant à l’usage du PIB par habitant pour mesurer la qualité des conditions de vie des individus.

Avant de continuer…

Illustrez les notions suivantes par un exemple issu de ce chapitre :

  • Les agrégats économiques : la valeur ajoutée et le produit intérieur brut (PIB).
  • La production non marchande.
  • Les indicateurs complémentaires au PIB.
  • La statistique nationale et la comptabilité nationale.
  • Le calcul du PIB.

5.8 Références bibliographiques

  1. Jean-Baptiste Tavernier, Les Six Voyages de Jean Baptiste Tavernier, Écuyer, Baron d’Aubonne, en Turquie, en Perse, et aux Indes. (1675) 

  2. Diane Coyle. 2014. GDP: A Brief but Affectionate History. Princeton, NJ: Princeton University Press. 

  3. Adam Smith. (1776) 2003. An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations. New York, NY: Random House Publishing Group. 

  4. Stiglitz, Joseph E., Amartya Kumar Sen, and Jean-Paul Fitoussi. « Rapport de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social ». (2009).